CDVIC : journée de printemps

           CDVIC

Journée de Printemps.                                                       Apport Odile

     27 avril 2019                                                                      Petite Sœur de l’Ouvrier

 

Je me suis vraiment réjouie du thème choisi par le CDVIC pour nourrir notre journée de réflexion de ce jour :     « La dimension contemplative de la vie consacrée »

Pourquoi ?

Aujourd’hui, nos concitoyens sont en quête de Sens. Et, je crois qu’il est de notre responsabilité d’offrir à toute personne, cette démarche de « prendre le temps de se poser », prendre le temps d’accueillir Celui qui est l’éternel « Présent » – Présent parce qu’Il se donne à nous dans le quotidien de nos vies, Présent parce que Le reconnaissant, nous vivrons. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et la vie en abondance ». (Jn X, 10) Le Seigneur nous fait Cadeau de la Vie, de la Vie en Plénitude.

Si tous ces hommes et ces femmes en quête de bonheur pouvaient entrer dans ce chemin de Foi, ils retrouveraient le goût de vivre !

Il m’a été demandé de partager sous l’angle de

La Parole de Dieu se donne aussi dans le frère.

Oui, le Seigneur se donne à contempler dans le frère.

« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, les oreilles qui entendent ce que vous entendez. » (Matt XIII, 16)

Dans la « banalité apparente » de nos vies ordinaires, nous sommes appelés à y révéler l’Extraordinaire de l’Amour infini du Seigneur pour chacun des siens.

Comment ?

Ce qui caractérise peut-être, la vie religieuse, la vie consacrée, c’est une « Mission de Présence » : présence par la proximité dans l’habitat, nos engagements aux multiples facettes… Présence par un bonjour, un sourire, quelques mots, notre apostolat….

On pourrait dire aussi « « Mission d’Écoute »… Écoute ou Attention pleine de délicatesses à ce qui se vit, de ce qui est Vie…

(cf., il y a un mois, il m’était demandé une réflexion pour la Mission Ouvrière, et je suis encore émerveillée de la qualité des partages que j’avais reçus). Que de regards contemplatifs aux aguets des germes de vie !!

Par ce regard, cette écoute, nous accueillons des gestes de tendresse, d’entraide, de solidarité, de partage, etc. Ce sont ces semences de vie qui nous réjouissent et nous permettent de garder l’espérance… L’Inattendu de Dieu surgit au plus quotidien de nos vies.

C’est aussi un peuple nombreux, de toutes cultures, générations, qui vient habiter les cœurs des consacrés, des communautés, qui vient nourrir les échanges au cours des repas, enrichir la prière communautaire à la manière de Marie « qui retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Luc 2,19). 

Comme l’exprimait l’un d’entre nous : « J’essaie d’être touché de compassion et de me faire proche. Mon huile, mon vin, ma monture… se réduisent à un regard bienveillant, accueillant, un bonjour, un mot banal sur le temps … et cela pour encourager…. »

Certes, la réalité ne nous offre pas que de la Beauté. Elle est aussi habitée de souffrances, de peines, d’un difficile « Vivre Ensemble », de violences, de guerres… Contempler, c’est aussi porter dans la prière notre monde, rejoindre et communier à ceux et celles qui sont en difficulté, en souffrance. Comme Marie au pied de la Croix, sachons aussi être là dans une présence silencieuse et priante.

Notre suite de Jésus-Christ ne peut pas nous résigner à ne rien voir, ni entendre !

Notre Mission est bien d’attendre comme des « guetteurs » un « possible, d’être «  à la veille «  de ce qui germe, naît, est porteur d’Espérance, et cela ne peut être que source de Joie !

Très concrètement, depuis dimanche, il nous est donné de contempler différents récits d’apparitions du Seigneur. Et c’est très intéressant pour le thème de notre journée.

  • Dans quels lieux, le Seigneur s’est-Il montré ? Dans des lieux ordinaires… sur un chemin, dans une salle à manger, sur un lieu de travail (un jardin, au bord du lac de Tibériade…) Ce n’est pas dans le Temple…. comme si le lieu de Sa présence n’était pas dans le temple : le rideau s’est déchiré.

Cf. de même l’incendie de Notre Dame… « L’incendie de Notre Dame nous a mis dehors… Ne serait-ce pas aussi une invitation du Seigneur à Le retrouver dans les rencontres » ?

  • Ils étaient dans une immense tristesse, une désolation… Au cœur de leurs désolations, Il s’est montré vivant.
  • Le Seigneur se donne à voir au milieu de nous.
  • Il s’est montré d’abord à ceux qui l’ont beaucoup aimé : les apôtres, quelques femmes, Marie-Madeleine, sa mère,… Mais, ils ne le reconnaissent pas tout de suite. Ils le prennent pour un fantôme, un étranger… Ils ne le reconnaissent pas à son physique, mais à de petits signes :
  • Marie, prononcé sans doute avec une immense tendresse,
  • A la surabondance de la pêche
  • A la fraction du pain,
  • Et, Thomas le reconnaît à la trace de sa souffrance.
  • Dès qu’Il est reconnu, Il disparaît à nouveau. Au lieu d’être tristes, ils sont heureux. Ils savent qu’Il est vivant.

 Enlevons la poutre véhiculée par les Médias. «  Quoi ? Tu regardes la paille qui est dans l’œil de ton frère, et la poutre qui est dans ton œil, ne la remarques pas ? » Matt VII, 3.

Laissons nos yeux contempler les petits pas de chaque jour, les avancées quand tout semble fermé, les efforts de conversion, de luttes contre le Mal ! Contemplons ce que l’Esprit peut susciter de positif dans les cœurs, les initiatives aussi fragiles qu’elles soient ! Recueillons ce dont nous sommes témoins dans toutes ces rencontres, lieux de Sa présence et de communion à Sa vie donnée, véritable « Terre sacrée »…

« … Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ». (III, 5)

Confier toute cette vie, ces visages, au Seigneur, nous donne à voir, à rencontrer le visage du Christ aimant qui veut le bonheur de tous, de chacun sans distinction.

C’est tout petit, invisible aux yeux de certains… mais visible pour Dieu… Perles du Royaume !

Ce qui est sûr, prendre le temps de s’arrêter, s’assoir, réfléchir, discerner, va à l’encontre du temps habituel d’aujourd’hui qui est le temps de l’immédiateté, du « tout de suite  décider et faire ». Or, ce qu’on vit n’est pas seulement l’immédiateté, la spontanéité. Notre fidélité à Jésus-Christ demande contemplation, réflexion, discernement. Comme notre Pape François l’exprime dans Laudato si’ :

 « La spiritualité chrétienne propose une autre manière de comprendre la qualité de vie, et encourage un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation… En effet, l’accumulation constante de possibilités de consommer distrait le cœur et empêche d’évaluer chaque chose et chaque moment. En revanche, le fait d’être sereinement présent à chaque réalité, aussi petite soit-elle, nous ouvre beaucoup plus de possibilités de compréhension et d’épanouissement personnel. La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. C’est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. » (Laudato si’ n° 22)

Le Seigneur nous invite à l’intériorité, et pas seulement les consacrés.

Sr Angélini précise que le Concile de Vatican a permis un tournant historique avec l’appel à la sainteté pour tous, c’est à dire « à l’appel universel à la contemplation. Tous les hommes sans distinction de rang ou d’état de vie, sont appelés à contempler ce que l’Évangile annonce : la bonté, la pure liberté, la beauté cachée en toute vie…  

L’appel universel à la sainteté rend à chaque disciple du Christ une dimension ou plus exactement un style de vie globalement « contemplatif ». (p 9 et 10)

Notre Agir prend sa source par la contemplation de ce Dieu qui nous est révélé par l’Esprit en Jésus-Christ au cœur de nos rencontres, de nos journées.

Et quelque part, par la contemplation, nous y accueillons un dialogue, une conversation de Dieu avec le monde. Elle nous envoie « en sortie », toujours plus vers nos frères.

Il y a osmose, « attraction », entre action et contemplation !

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       Prière :

Seigneur, éveille en nous la quête du Sens.

Apprends-nous la rencontre avec le monde.

Apprends-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.

Apprends-nous l’étonnement de Te découvrir dans nos frères,

Enseigne-nous à entendre au-delà des apparences.

Donne-moi ton regard, Ô Seigneur,

Apprends-moi à Te voir.

Montre-Toi dans le frère, Ô Seigneur,

Donne-moi ton regard.

                         (Donne-moi ton regard. Diaconia 2013)

Question :

Sur les lieux de « fractures » comment exprimer avec des mots, des attitudes, cette dimension contemplative au « cœur du monde » ?

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