Aujourd’hui

Aujourd’hui, sans doute, le terme « ouvrier » étonne… l’on parle plus volontiers de « Milieu populaire ». C’est vrai, le monde ouvrier est en pleine mutation. Il est devenu difficile à définir. Il n’est plus ce qu’il était au moment de notre fondation. Cependant la condition ouvrière existe toujours.

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Condition ouvrière marquée principalement par :

  • une grande dépendance dans le travail ou l’absence de travail…
  • de faibles revenus… ou l’absence de revenus quand le chômage s’installe.
  • des conditions d’habitat
  • des problèmes de scolarisation… de formation professionnelle adaptée…

Cette condition, c’est celle de ces hommes, de ces femmes, de ces jeunes, de ces enfants que nous retrouvons dans les “banlieues” de nos grandes villes… dans nos « Zones » dites « prioritaires”.

 C’est là qu’aujourd’hui se situent nos insertions, au milieu et avec ce monde… c’est là que se vit la dimension « internationale de nos vies » dans ces lieux multiculturels, multi-cultuels.

C’est là dans un « vivre ensemble » au quotidien que nous voulons, pour notre part, travailler au monde de demain.

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Pour situer notre aujourd’hui nous pouvons reprendre quelques paroles fortes venues de notre fondation :

  • « Elles aimeront vivre de la vie de la classe ouvrière ».

Notre mission première n’est pas dans un « faire pour le monde ouvrier », notre vocation est un amour à vivre, une humanité à aimer.

  • « Les Petites Sœurs de l’Ouvrier sont exclusivement vouées à la Classe Ouvrière»
  • Mais, comme pour tout baptisé, notre vocation est à dimension universelle. Notre champ missionnaire se veut en alliance avec tous ceux qui, là où ils sont, travaillent, s’engagent pour une société, un monde où chacun ait sa place, où chacun est respecté, est aimé.
  •  « En ce qui concerne l’action, elle devra être tracée très largement et d’une manière très souple…”

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Concrètement, nos insertions, nos engagements sont très, très variés, selon l’âge et la réalité de chacune :

Engagements dans la société : 

  • Travail salarié en entreprise, dans la santé, l’éducatif, le social, en pastorale, etc.

    • Des sœurs sont ou ont été secrétaires en entreprise, conseillères en insertion, en Centre de Formation de reconversion professionnelle de travailleurs accidentés du travail, pour le suivi des stagiaires,
    • D’autres ont été aides-soignantes, infirmières en hôpital, institutrice dans le public, caissières en supermarché, conducteur de travaux en espaces verts…

Vie associative telle que :

  • A Sarcelles, Montluçon et Échirolles dans une association de quartier (Logement, jeux,…) ou à la Maison des Habitants (atelier «Tricot», alphabétisation, Écrivain public, …).
  • Associations de lutte contre l’illettrisme, d’Accueil des familles de détenus en Maison d’Arrêt, et aussi avec la Cimade, en Centre pénitencier pour aider à des régularisations en vue d’une réinsertion.
  • Association de demandeurs d’emploi pour accompagner la recherche d’emploi ou pour animer un atelier de paroles, de couture, … Mais aussi dans des groupes de marche, en soutien scolaire ludique, ou contribuant à l’existence de jardins solidaires …
  • Le Secours Catholique, au service des migrants sans papiers, du soutien spirituel des bénévoles,
  • Des sœurs participent aussi à des organismes tel que « Ethique et investissement »,…
  • Mais aussi vie en EHPAD quand la vie en petite communauté n’est plus adaptée… Au milieu et avec ceux et celles auxquels nous sommes liées, en Jésus-Christ, par notre appel et notre envoi.

Partager dans notre être de chair la réalité quotidienne, « sentir » comment le monde change, se bouleverse, est essentiel pour « ajuster » notre charisme aux mutations de notre monde,

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 Engagements tout aussi variés en Église :

  • Accompagnements de mouvements d’Action Catholique (ACE, JOC),
  • Accompagnement d’équipes de “Vie Chrétienne”
  • Permanence d’Accueil,
  • Catéchèse, Catéchuménat,
  • Pastorale des funérailles,
  • CCFD, Secours Catholique,
  • Partenariat en Mission ouvrière et Quartier populaire,
  • participation à la rédaction du journal pastoral du secteur, voire au niveau du diocèse…
  • ….

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La VIE COMMUNAUTAIRE a une place très importante pour nous.

Par notre Appel à la Vie Religieuse, nous avons été invitées à suivre Jésus Christi, dans une vie communautaire, à la façon des Petites Sœurs de l’Ouvrier.
En communauté, chacune apporte sa singularité, son individualité dans une relation avec des sœurs.
« A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour, les uns pour les autres». St Jean 13, 35.
Cette vie fraternelle est ouverte à tous, offerte à tous, elle nous donne d’accueillir l’Amour gratuit de Dieu dans la fraternité vécue avec les hommes de ce temps.
C’est ce que nous voudrions signifier par notre vie communautaire.

  • VIVRE en SŒURS, en communauté.

Communauté dont nous mesurons la richesse et la force, même s’il n’est pas facile tous les jours de comprendre l’autre. Nous avons chacune, en nous, une part de mystère pour nos compagnes de communauté. Nous avons bien souvent à nous remettre en question pour vivre la simplicité entre nous, pour pardonner, pour humaniser nos relations. « Que l’amour fraternel soit inventif !» (Rm1210). L’essentiel est de croire au travail de Jésus-Christ en l’autre. Croire que c’est ensemble par nos échanges et nos partages dans une recherche fraternelle que se fonde une communauté vivant de Jésus-Christ. C’est ainsi que, peu à peu, nous devenons sœurs.
Nous sommes appelées à aller au-devant de l’autre pour marcher ensemble vers Celui qui jour après jour nous apprend à aimer.

  • VIVRE en SŒURS, en congrégation.

Nous faisons partie d’un Corps, solidaires les unes des autres, soudées dans la mission. Notre vie est à l’échelle de l’ensemble de la congrégation et pas seulement de notre communauté : ce qui prend une grande importance au moment de choix à faire, notamment lors de changements dans les communautés où lors de la fermeture d’une communauté.

La diversité se vit aussi dans le style de vie de nos communautés. On le sent très imprégné de la réalité : communauté en province, ou en banlieue parisienne, par exemple. Et, bien sûr, le charisme de chaque sœur, sa «sensibilité apostolique» ne peuvent qu’imprégner le vécu communautaire…..

  • “Tout dans la congrégation, de la formation au mode de gouvernement doit concourir à sa mission” Cela a un impact important dans la formation des PSO ainsi que dans notre manière de vivre, en communauté, en congrégation: le monde auquel nous sommes envoyées doit y retrouver les valeurs humaines qui sont les siennes.
  • « Petite Sœur de l’ouvrier » : partageant en réciprocité cette vie avec nos frères et sœurs du monde ouvrier, nous contemplons les merveilles du Seigneur dans le cœur des uns et des autres, dans une vie de proximité « avec »… au travail, au chômage, par l’habitat, dans nos engagements pour aller jusqu’aux causes « avec »…

Nous sommes habitées du désir que dans une “marche à son pas” chacun puisse prendre des responsabilités, à sa place, avec ses compétences… en citoyen… en chrétien pour ceux dont c’est la foi.

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Il ne faudrait pas oublier la place, essentielle, de la prière « au cœur de cette vie ».

Dans des Actes du Chapitre, nous avons écrit :

« Dans notre présence et notre action avec d’autres :

  • Nous souhaitons vivre la tendresse toute particulière de Dieu pour ceux qui dans notre société, ne comptent pas, et à qui celle-ci n’offre aucun avenir ;
  • Nous voulons contribuer à construire un monde qui s’appuie sur la mise en valeur des richesses de chacun, ouvrant ainsi un avenir pour tous ;
  • Nous désirons vivre l’amour d’un Dieu qui aime et qui sauve ».

Sans prière, sans contemplation, notre suite de Jésus Christ est « vide »…..

Nous avons à exprimer avec des mots, des attitudes, cette dimension contemplative au « cœur du monde », dans un quotidien dense, très présent et très engagé dans les réalités d’aujourd’hui.

A la suite de Marie, notre vocation prend sa source dans une vie contemplative au cœur de l’ordinaire de nos vies.

«  Quant à Marie, elle retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». Luc 2, 19

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Si nous sommes si heureuses dans cette suite de Jésus Christ, c’est parce que, pétries par notre spiritualité, par l’oraison quotidienne, la prière communautaire, la relecture de nos journées, le discernement personnel et communautaire, nous y rencontrons le Seigneur,… Il fait route avec nous… Nous y recevons Sa Plénitude dans la rencontre de nos frères et sœurs.

Dans la « banalité apparente » de cette vie en monde ouvrier, nous sommes appelées à y révéler l’Extraordinaire de l’Amour Infini du Seigneur pour chacun des siens.

Et, c’est ainsi que nous voulons répondre aux attentes de nos contemporains, assoiffés de Sens,  et en quête de Bonheur.